L’esprit d’entreprendre en France… et à l’étranger

Elue députée, j’explorerai les moyens d’encourager les initiatives entreprenariales, créatrices d’emploi et de croissance dans notre pays et à l’étranger. Mon action sera en phase avec les engagements de François Hollande, dont le programme prévoit :

« Les PME, les TPE, les artisans et les commerçants auront, dans chaque région, un interlocuteur unique. Le crédit d’impôt recherche leur sera rendu plus simple et plus accessible. Je veillerai à ce que la commande publique leur soit bien ouverte, en toute indépendance et transparence. »

« Je soutiendrai le développement des nouvelles technologies et de l’économie numérique, levier essentiel d’une nouvelle croissance. »

A l’heure actuelle, notre tissu de PME innovantes et exportatrices reste faiblement émaillé. Du fait de retards technologiques et de difficultés d’accès au crédit, d’une certaine frilosité culturelle aussi peut-être, nos entreprises se tournent peu vers l’étranger. Alors que 300 000 PME allemandes et 200 000 PME italiennes exportent, seulement 95 000 PME françaises sont présentes à l’international. Lors de mes déplacements dans la circonscription, j’ai discuté avec beaucoup de décideurs économiques français installés en Europe du Nord (chefs d’entreprise, représentants de chambres de commerce, d’Ubifrance, et des missions économiques, associations de petits entrepreneurs). J’ai constaté que les économies des pays d’Europe du Nord, très tournées vers les échanges extérieurs et l’accueil des investissements étrangers, placent l’entrepreneuriat et l’innovation au cœur de leur système. Il y est souvent plus facile qu’en France d’y créer une entreprise car les démarches d’enregistrement et d’inscription auprès des administrations y sont moins lourdes. Je regrette que notre pays ne se donne pas toujours les moyens de faire naître et faciliter le désir d’entreprendre. La création, annoncée par l’actuel Président, d’un guichet unique destiné aux PME au niveau de chaque région devrait permettre d’améliorer la lisibilité des réseaux et des démarches.

Il faut également repenser la stratégie d’export de la France, abandonnée par la droite pendant la dernière décennie, pour l’orienter vers les PME innovantes en profitant de nos nombreux atouts, en particulier dans certains secteurs : mode, produits de luxe, agroalimentaire, tourisme, habitat, infrastructures, énergie, services à la personne, santé.

Il est également essentiel d’encourager plus activement nos petites entreprises à se tourner vers l’étranger. On m’a souvent rapporté qu’au moment de rechercher conseils, études de marché et financement avant de prendre la décision d’exporter ou de s’implanter à l’étranger, le faisceau de services et d’aides actuellement mis à disposition est complexe, coûteux, et pas toujours accessible. Les organismes qui entrent en jeu sont nombreux : Ubifrance, missions économiques des ambassades, banque publique d’investissement, direction générale du Trésor, Oseo, Coface, chambres de commerce en France et à l’étranger, conseillers du commerce extérieur… Tous ces acteurs proposent une intervention ciblée, souvent de qualité, mais finissent parfois à se faire concurrence au détriment des principaux intéressés. Aux entrepreneurs tentés de franchir les frontières, il serait utile de lisser et rassembler ce réseau afin de leur offrir, aussi, un guichet unique (peut-être rattaché aux guichets uniques régionaux). La création d’une banque publique d’investissement  annoncée par François Hollande doit par ailleurs voir le jour en 2013. J’examinerai la structure de cette institution pour m’assurer qu’elle réponde aux besoins de financement des petites entreprises qui ont des projets d’investissement, d’implantation ou d’exportations à l’étranger.

En France, il devient urgent de favoriser plus activement l’éclosion d’écosystèmes régionaux de croissance qui s’insèrent dans le tissu local, en lien avec les laboratoires de recherche, les universités, les autorités régionales, les entreprises et les investisseurs. L’action publique doit viser en particulier les incubateurs qui fonctionnent souvent au plus près des besoins locaux, pour leur proposer des allégements fiscaux et offrir un régime spécifique du crédit impôt-recherche aux PME qui exportent. Dans le même esprit, j’aimerais encourager la création de pépinières d’entreprises dans toutes les universités, écoles d’ingénieurs et cycles de BTS des lycées, ainsi que l’introduction d’apprentissages liés à la découverte culturelle de l’esprit d’entreprendre dès le collège.

Autre piste d’action politique : il faut inventer des moyens d’accéder directement à la diaspora économique française basée en Europe du Nord, tout comme doivent être créés des relais entre les PME de droit local installées dans la circonscription afin d’encourager les initiatives de mises en réseau et de partage d’expériences.